Le Conseil d’Etat rappelle les conséquences de l’annulation ou de la déclaration d'illégalité d’un plan local d’urbanisme, d’un document d'urbanisme en tenant lieu ou d'une carte communale sur les autorisations d’urbanisme déjà délivrées (CE, 5 mars 2025, Société Ganeshca, n°494321).
Les conséquences de l’annulation ou de la déclaration d’illégalité d’un PLU sur les autorisations d’urbanisme sont régies par le code de l’urbanisme.
L’annulation ou la déclaration d'illégalité d’un plan local d’urbanisme, d’un document d'urbanisme en tenant lieu ou d'une carte communale a ainsi pour effet de remettre en vigueur le document immédiatement antérieur (article L.600-12 du code de l’urbanisme).
L’annulation ou la déclaration d'illégalité d’un PLU n’affecte toutefois pas les autorisations d’urbanisme délivrées antérieurement, à condition que ces annulations ou déclarations d'illégalité “reposent sur un motif étranger aux règles d'urbanisme applicables au projet” (article L.600-12-1 du code de l’urbanisme).
Il faut donc distinguer deux hypothèses.
Le Conseil d’Etat avait déjà précisé les motifs qui doivent être considérés comme “étrangers aux règles d’urbanisme” ainsi que les conditions dans lesquelles il convient de faire application de l’ancien document d’urbanisme remis en vigueur pour apprécier la légalité de l’autorisation d’urbanisme (CE, Section, 2 octobre 2020, SCI du Petit Bois, n°436934).
Au cas présent, le Conseil d’Etat rappelle cette grille de lecture (CE, 5 mars 2025, Société Ganeshca, n°494321).
Le Conseil d’Etat rappelle d’abord que, dans le cadre d’un recours contre une autorisation d’urbanisme, le juge saisi d’un moyen tiré de l’illégalité du document local d’urbanisme doit vérifier si l’un des motifs d’illégalité du document est en rapport direct avec les règles applicables à l’autorisation d’urbanisme.
Si tel n’est pas le cas, l’illégalité du document local d’urbanisme est sans effet sur l’autorisation d’urbanisme.
Si tel est le cas, il faut ensuite déterminer si ce motif d’illégalité est ou non étranger aux règles d’urbanisme applicables au projet en cause.
Il faut pour cela distinguer les vices de légalité externe des vices de légalité interne :
Se pose alors la question de savoir au regard de quel document d’urbanisme la légalité de l’autorisation d’urbanisme doit être appréciée, suite à l’annulation ou la déclaration d’illégalité d’un document local d’urbanisme pour un motif non étranger aux règles applicables au projet en cause.
Dans son avis du 2 octobre 2020, le Conseil d’Etat distinguait trois hypothèses (CE, Section, 2 octobre 2020, SCI du Petit Bois, n°436934) :
Enfin, le Conseil d’Etat rappelle que, lorsqu’un motif d’illégalité non étranger aux règles d’urbanisme applicables au projet est susceptible de conduire à remettre en vigueur tout ou partie du document local d’urbanisme immédiatement antérieur, le moyen tiré de l’exception d’illégalité du document local d’urbanisme à l’appui d’un recours en annulation d’une autorisation d’urbanisme ne peut être utilement soulevé que si le requérant soutient également que cette autorisation méconnaît les dispositions pertinentes ainsi remises en vigueur.
L’annulation ou la déclaration d'illégalité d’un plan local d’urbanisme n’affecte pas nécessairement la légalité des autorisations d’urbanisme déjà délivrées. Il convient d’analyser au cas par cas les raisons de cette illégalité et l’impact sur les autorisations d’urbanisme déjà délivrées.